Ces marques textile qui utilisent du plastique des océans: explications

La plupart de nos vêtements sont faits à partir de pétrole

Saviez-vous que la majorité de nos vêtements sont en matière d’origine plastique ? Eh oui quand on lit “polyester”, mais aussi acrylique, élasthanne ou Lycra sur l’étiquette, cela désigne des matières synthétiques, obtenues par synthèse de composés chimiques issus du pétrole. Surtout pour tous les vêtements techniques, tels que les habits de sport et ou les maillots de bain. Le problème, c’est qu’il n’y a pas vraiment d’alternative naturelle qui possède les mêmes propriétés techniques et qualités que les matières synthétiques (pour l’instant en tout cas).

Vêtement machine à laver

Les vêtements synthétiques libèrent des microfibres à chaque passage en machine.

Et libèrent des microplastiques dans l’environnement

Le problème ne s’arrête pas là. En effet, à chaque machine à laver, des milliers de microparticules (inférieur à 5 millimètres) de plastique passent  à travers les systèmes d’épuration et se retrouvent directement dans l’océan. Chaque année, cela représente l’équivalent de 50 milliards de bouteilles d’eau en plastique qui finissent dans l’océan à cause du lavage de textiles synthétiques (source: IUCN).

On retrouve aussi des microplastiques dans les lacs de haute montagne, à cause des frictions des vêtements et chaussures des alpinistes et randonneurs !

infographie pollution micro plastique

Infographie Statista

Quelles solutions ?

On peut commencer par privilégier les matières naturelles comme le coton, le lin ou le chanvre pour les prochains achats. Toutefois on ne va pas jeter tous les vêtements en polyester que l’on possède déjà! Pour limiter les rejets dans les eaux, on peut aussi utiliser un Guppy Friend (disponible sur Hopaal ou Balzac) pour les vêtements synthétiques. C’est une pochette dans laquelle on va laver ses vêtements lors du passage en machine à laver, qui récupère les microfibres de plastique.

Et pour les vêtements faits en plastique recyclé?

De plus en plus de marques utilisent du polyester recyclé dans les vêtements. Cela permet en effet de réutiliser du plastique déjà existant, au lieu d’en créer du nouveau – et donc d’économiser l’utilisation de ressources naturelles premières-. Il y a un autre avantage à utiliser des fibres de polyester recyclées dans des vêtements: le polyester peut être recyclé plus longtemps que toutes les fibres naturelles.

« Avec les fibres naturelles, au fur et à mesure que les fibres sont recyclées, les longueurs de fibres deviennent de plus en plus courtes – alors qu’avec les plastiques, elles peuvent être repolymérisées et transformées en nouvelles fibres afin que les longueurs de fibres ne deviennent pas un problème. » (The Huffington Post, 2016)

Toutefois, le problème de la pollution microplastique lors des lavages en machine reste le même. Ce n’est donc pas une solution miracle per se.

Pour tout vous expliquer, il y a deux types de vêtements en plastique recyclé:

  • La plupart sont réalisés à partir de bouteilles du système de recyclage traditionnel. Mais cela créé des conflits d’usage: en effet, les bouteilles en plastique sont en PET, le type de plastique le plus facilement recyclé. Environ 80% du PET recyclé est utilisé par l’industrie textile pour la production de fibres, plutôt que pour la production de nouvelles bouteilles en PET (Source: UNEP, 2017). Le problème est que, comme expliqué, ces fibres textiles génèrent une charge importante de microplastiques pendant les phases d’usure et de lavage.
  • De plus en plus de marques utilisent du “plastique océanique”.  Que cela veut-il dire?

Des vêtements faits en « plastique des océans »?

Il peut s’agir de :

> plastique repêché dans l’océan par des pêcheurs, des systèmes robotiques dans les ports ou la mer, etc.

Plastique ramassé en mer

> plastique “empêché” d’avoir atteint l’océan, c’est-à-dire ramassé sur les plages ou même plus en amont, au bord des rivières ou même dans les terres (surtout dans les pays en développement où les systèmes de collecte de déchets sont inefficaces ou inexistants).

Plastique ramassé sur les plages

La difficulté de récupérer ces déchets n’est pas la même selon s’ils sont en mer ou sur les plages. De plus, les déchets plastique se dégradent sous l’effet de l’eau, du sel et des rayons UV. Ils sont donc plus difficiles à recycler

Comment sont réalisés ses vêtements en plastique océanique?

De nouveaux modèles économiques émergent, intégrant des déchets recyclés marins dans leurs produits et pouvant ensuite les commercialiser et les vendre avec ce «label».  L’initiative la plus connue et de plus grande ampleur est bien sûre la chaussure d’Adidas:

Adidas x Parley: le partenariat d’une multinationale et d’une ONG

Adidas est le plus grand fabricant de vêtements de sport en Europe et le deuxième après Nike dans le monde (Statista, 2019). Leur production est si massive que leur engagement à produire 11 millions de paires de chaussures contenant du plastique océanique recyclé en 2019 était très prometteur. Adidas a également annoncé son intention d’utiliser 100% de polyester recyclé (pas forcément venant des océans) dans tous ses produits d’ici 2024 – sachant qu’Adidas fabrique 403 millions de paires de chaussures par an (Forbes, 2018) – .

En 2016, Adidas a lancé la chaussure de course UltraBOOST Uncaged Parley – les premières chaussures produites en masse créées à partir de déchets plastiques récupérés lors d’opérations de nettoyage aux Maldives (95%) et de polyester recyclé (5%). Chaque paire réutilise 11 bouteilles en plastique

En 2017, Adidas a produit un million de paires de chaussures contenant des déchets plastiques recyclés. En 2018, ce nombre est passé à cinq millions. Et en 2019 Adidas a également présenté sa nouvelle chaussure de course en 100% recyclable: la Futurecraft Loop a été conçue en utilisant un seul matériau, ce qui permet de la recycler et d’initier une vraie économie circulaire pour l’industrie de la chaussure. Même si les quantités sont encore faibles par rapport à la production mondiale de chaussures, cette initiative démocratise l’éco-conception dans l’une des industries les plus polluantes au monde

La basket Futurecraft Loop d’Adidas

Adidas est donc un «pionnier» dans l’utilisation du plastique océanique pour ses produits. Ils le font en collaboration avec Parley for the Ocean, une organisation internationale à but non lucratif. 

Parley a développé la première chaîne d’approvisionnement mondiale pour les débris plastiques marins et lancé Ocean Plastic®: une gamme de matériaux haut de gamme pour les industries du sport, de la mode et du luxe fabriqués à partir de déchets plastiques recyclés interceptés par Parley sur les côtes et dans l’océan. Le réseau mondial de nettoyage Parley récupère aussi des filets fantômes (filets de pêche perdus ou jetés en mer et causant de graves dégâts sur la faune marine) en haute mer.

Impact des filets fantômes sur les animaux marins

Pour les collections Adidas x Parley, Parley travaille avec ses partenaires pour collecter, trier et expédier la matière première récupérée (principalement des bouteilles en PET) au fournisseur d’Adidas à Taiwan. Ainsi, les produits Adidas ne sont pas constitués de plastique provenant de l’océan mais de «plastique de plage», intercepté avant qu’il n’atteigne les océans. C’est donc trompeur pour le consommateur : tous les gros titres des médias ne mentionnent que la provenance océanique de ce matériau

  • «Comment Adidas gagnera 1 milliard de dollars tout en résolvant le problème du plastique océanique» (Forbes, 2018); 
  • «Le test d’Adidas pour vendre des chaussures en plastique océan a été si réussi qu’il va encore plus loin» (Good News Network, 2019); 
  • «Ces Adidas sont fabriquées à partir de plastique recyclé de l’océan, et ce sont les baskets de course les plus confortables que j’ai essayées» (Business Insider, 2018), etc. 

Nous devons ajouter à cela que, pour les baskets actuellement en vente, uniquement la partie supérieure de la chaussure est réalisée en plastique océanique, la semelle étant réalisée en matières plastiques conventionnelles.

Nous avons contacté Parley à partir de trois canaux et contacts différents mais n’avons pas eu la possibilité d’avoir une interview. Le service de développement durable d’Adidas nous a seulement renvoyé vers leur site Web. Certaines questions restent en suspens: Parley est-il payé pour la collecte du plastique? Quels sont les coûts de production par rapport au plastique vierge? On constate un vrai manque de transparence sur les processus et les modèles économiques.

Qui sont les autres fournisseurs de plastique océanique ?

Mais sinon de nombreuses autres marques utilisent du “plastique océanique”. Pour s’approvisionner en ce matériau précurseur, elles se tournent notamment vers deux startups européennes qui dominent le marché en vendant à des marques des fils nylon à base de filets de pêche récupérés. Ces déchets de pêche représentent environ 10% des déchets retrouvés sur les plages (source: Surfrider Foundation Europe).

Ce sont les fils Econyl de la société italienne Aquafil, et le fil Seaqual, cofondé en Espagne par Ecoalf, le groupe textile Santanderina et le fileur Antex. Le procédé est le même: les déchets plastiques récupérés sont nettoyés et triés. Une fois transformés en polymères, ils sont filés en une fibre polyester recyclée.

  • Le fil Econyl de la société italienne Aquafil

Le système de régénération Econyl® est un procédé industriel créé par le groupe Aquafil en 2011. L’Econyl est un type de nylon de haute qualité fabriqué entièrement à partir de déchets (principalement des « filets fantômes » et des tapis abandonnés, mais également des déchets industriels ou des vêtements recyclés). Les déchets sont collectés dans le monde entier au travers de différentes initiatives et projets:

  • Le  “ECONYL® Reclaiming Program”: Le réseau de collecte de déchets est présent aux États-Unis, en Égypte, en Grèce, au Pakistan, en Thaïlande, en Norvège et en Turquie, pour les déchets industriels issus de polymères et d’oligomères, de plastiques divers, de tapis et moquettes (Source: ConsoGlobe, 2016).
  • The Healthy Seas initiative: des plongeurs volontaires récupèrent des filets fantômes abandonnés ou perdus du fond des mers en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie, en Grèce et en Croatie. Rien qu’en 2018, avec l’aide de 100 plongeurs volontaires et de 27 communautés de pêcheurs, l’entreprise a récupéré 78 tonnes de filets de pêche abandonnés près des côtes européennes. Entre 2013 et 2018, des centaines de plongeurs volontaires ont récolté 453 tonnes de filets de pêche abandonnés (données Econyl).
  • Net-Works ™: Fondé par la société Interface avec la Société Zoologique de Londres, c’est une initiative sociale visant à donner aux communautés côtières des Philippines et du Cameroun le pouvoir de collecter et de vendre des filets de pêche abandonnés.
  • L’usine de recyclage de tapis d’Aquafil: une usine a été créé aux États-Unis pour recycler du nylon venant de vieux tapis.

Filets de pêche pour ECONYL

Ensuite, ces déchets sont envoyés dans des usines en Slovénie et sont régénérés selon un processus breveté. Le nylon recyclé nécessite moitié moins d’étapes par rapport au procédé chimique conventionnel et réduit de 55% la consommation d’énergie, d’eau et les émissions de CO2 (site Internet Econyl). Enfin, les tissus Econyl peuvent être recyclés indéfiniment sans perte de qualité, selon l’entreprise. Aquafil a pour objectif de recycler 100% d’Econyl et de créer ainsi un cercle vertueux fermé pouvant répondre aux demandes croissantes en fibres textiles. C’est donc un projet qui répond à deux concepts clés de l’économie durable: le zéro déchet et le cycle de vie circulaire. Mais lorsqu’on a interrogé Aquafil sur la quantité totale de filets en plastique et / ou de pêche collectés chaque année, Aquafil a répondu: «Nous ne pouvons pas divulguer de données sur la quantité de déchets avec laquelle nous travaillons». Il faut aussi savoir que le fil Econyl est plus cher qu’un fil traditionnel: il est environ deux fois plus cher que du fil blanc, et le tissu imprimé devient trois fois plus cher qu’un tissu conventionnel.

Nous avons identifié un certain nombre de marques de mode au sein de l’écosystème des marques «mode durable», ou marques «éthiques», qui utilisent le fil ECONYL. L’éco-responsabilité fait partie de leur ADN. La plupart d’entre eux sont des marques de maillots de bain et de sport qui nécessitent des matériaux techniques aux propriétés particulières (pour résister au soleil et au sel): SweetMellow, CocoFrio, Luz Collection, Reset Priority ou bien encore OceaLah sont cinq petites marques de maillots éco-responsables utilisant du fil Econyl certifié Oeko-Tex (sans produit toxique pour la peau et l’environnement). Et il n’y a actuellement aucune autre alternative utilisant un matériau naturel pour ce genre de tissus.

Maillot de bain éco-responsable de la marque Coco Frio

Par exemple, Sweet Mellow est une marque de maillots de bain dont la deuxième collection est en fil Econyl, afin de remplacer le polyamide et l’élasthanne normalement utilisés pour les maillots de bain par un matériau plus respectueux de l’environnement. La marque produit au Portugal. Coco Frio, une autre marque de maillots de bain très similaire à Sweet Mellow, a été créé en 2017 et a également utilisé Econyl pour tous ses maillots de bain. L’Econyl est au coeur du projet environnemental de la marque, qui a choisi de produire en Italie.

En parallèle, plusieurs marques bien connues utilisent déjà le fil Econyl dans leurs produits: les maillots de bain Adidas et Arena, Levi’s pour une version de son modèle 522 composée d’Econyl, et la marque de luxe durable Stella McCartney utilise le nylon récupéré ECONYL pour certains sacs et vêtements d’extérieur. 

Les marques adoptent des stratégies de communication différentes sur la provenance de ce plastique océanique: certaines communiquent, d’autres préfèrent mettre en avant le design du vêtement. La plupart des marques nous ont dit n’avoir remarqué aucune réticence des consommateurs à cause des déchets utilisés pour confectionner les vêtements (avec le préjugé que ce soit sale ou de moins bonne qualité). 

  • Le fil Seaqual de la société espagnole Seaqual 4U

La société espagnole Seaqual 4U commercialise depuis 2016 une gamme de fibres et de fils éco-conçus, créée à partir du recyclage des déchets plastiques. Seaqual collabore notamment avec des marins pêcheurs partenaires, environ 400 bateaux en Méditerranée, et avec des sites de production, comme Antex. L’entreprise souhaite rapidement s’étendre dans d’autres lieux dans le monde afin d’y collecter les détritus marins.

Pêcheur partenaire de SEAQUAL

La fibre peut être utilisée en version 100% SEAQUAL, en version écru ou en fil teint, mais elle peut aussi être mélangée avec des fibres naturelles. Les teintures sont, elles aussi, écologiques et faibles consommatrices en eau et en énergie puisqu’elles permettent d’économiser plus de 20% d’eau, 40% d’énergie et réduisent aussi l’émission de CO2 de près de 50% (source).

Des dizaines de tisseurs se sont déjà laissés séduire par cette fibre. Parmi eux : Sofileta, A. Sampaio, Textil Santanderina, Generos de Punto Fabres, Fieratex et Gipitex. Plusieurs marques éco-responsables ont aussi noué des partenariats avec Seaqual: par exemple, la marque basque Hopaal, précurseur dans les vêtements recyclés et qui proposent des shorts de bain à partir de bouteilles plastiques récupérées via Seaqual (pour leurs maillots féminins recyclés, c’est à partir de filets de pêche récupérés via Aquafil); ou encore Apnée Swimwear, créée en 2017 par deux passionnés des fonds marins, et qui fabrique des maillots de bains pour homme. Mais aussi Gayaskin (marque de vêtements de yoga), Atelier Unes (basiques éco-responsables), Le Slip Français, Nina Ricci (toute la liste disponible ici).

Maillot de bain Apnée

Visuel d’Hopaal: d’un déchet marin à un maillot de bain

Le cas particulier de la marque espagnole ECOALF

Seaqual a été co-fondé notamment par ECOALF, marque textile espagnole fondée en 2009. Cette marque est certifiée B Corp et utilise différents matériaux recyclés. En 2015, le fondateur d’Ecoalf Javier Goyeneche a lancé sa propre association à but non lucratif, la Fondation ECOALF. Un des programmes appelé «Upcycling the Oceans» vise à éliminer les débris marins du fond des océans et à les transformer en fils de première qualité pour produire des vêtements. Il implique plus de 2500 pêcheurs dans 32 ports, soit un total de 440 chalutiers. En 2019, ces pêcheurs avaient déjà collecté plus de 300 tonnes de déchets au fond de la mer Méditerranée.

Ainsi, ECOALF gère la collecte de son plastique océanique de façon indépendante. Cette entreprise circulaire souhaite contrôler le processus du début à la fin, ce qui est difficile lorsque l’on travaille avec des fournisseurs. Par conséquent, la récolte de son propre plastique permet à ECOALF d’avoir une traçabilité.

Les collections actuelles d’ECOALF sont constituées à 35% de déchets plastiques marins et à 65% d’origine terrestre mais l’objectif de Javier Goyeneche est « d’obtenir un fil 100% recyclé à partir de déchets collectés en mer« . Toutefois ECOALF fait face à un problème de volumes de production: après collecte du plastique en mer, seules les bouteilles en PET sont utilisées pour les fils. Par conséquent, plus de 50% des déchets ne sont pas réutilisés et sont mis en décharge ou incinérés.

Basket OCEAN WASTE

C’est pour ça qu’en 2019, le seul produit ECOALF réalisé à partir de déchets océaniques était les chaussures «OCEAN WASTE Footwear», fabriquées à 50% de plastique océanique (et 50% de plastique recyclé normal – mais leur semelle est en algues et en caoutchouc, pas en plastique comme la version Adidas!). Le tissu issu de plastique océanique reste aussi plus cher que le tissu conventionnel, même lorsque l’entreprise contrôle toute la chaîne d’approvisionnement. Et ECOALF fait face à des défis à cause de la “qualité faible et irrégulière des débris récupérés par les pêcheurs du fait de son exposition au soleil, au sel et à l’eau. L’investissement en R&D est crucial pour atteindre une qualité conforme aux normes d’Ecoalf.” (Site Internet ECOALF).

  • Bionic Yarn aux Etats-Unis

Enfin, nous avons découvert qu’il existe un autre fournisseur de plastique océanique appelé Bionic Yarn, en regardant la composition des collections de G-Star, O’Neill ou H&M Conscious. Cette startup a été fondée en 2009 et est basée à New-York. Elle utilise des bouteilles en plastique usagées, dont certaines ont été récupérées sur les rivages océaniques, et les transforme en fils et tissus pour les vêtements. Le fil Bionic se décline en trois types: 100% PET recyclé, PET recyclé mélangé avec des fibres synthétiques ou naturelles, et des fibres PET recyclées où chaque fil a un noyau et un boîtier extérieur en fibres naturelles ou synthétiques (Wilson, 2017).

La startup a commencé à utiliser du plastique collecté dans l’océan lorsqu’elle s’est associée à Pharrell Williams et au projet G-Star RawRaw for the Oceans. Cette ligne de denim, lancée en 2014, était composée d’un total de 9 tonnes de plastique océanique recyclé (Wilson, 2017). Et Pharrell Williams est devenu directeur créatif de Bionic Yarn. Au cours des trois dernières années, Bionic Yarn a transformé environ 7 millions de bouteilles en plastique ramassées sur les rivages, a déclaré le cofondateur de l’entreprise, Tim Coombs, au Huffington Post dans un courriel. 

Pharell Williams « Raw for the ocean »

H&M utilise aussi du fil Bionic pour sa collection Eco Conscious dont la pièce maîtresse était une robe longue vendue 199 € composée de 89 bouteilles en plastique, dont 30% de déchets marins et 70% de bouteilles recyclées (RTBF, 2017). Pour beaucoup, il s’agit d’une étape importante pour aller vers une industrie de la mode plus durable: «Lorsqu’une entreprise a la plate-forme massive de H&M et qu’elle l’utilise pour se concentrer sur un message de durabilité, elle se répercute partout l’industrie de la mode.  » (Wilson, 2017). Cependant, plusieurs personnes interrogées ont peur de l’effet greenwashing de cette collection, lorsqu’on regarde l’ensemble de la production d’H&M.

À retenir

Ainsi, de plus en plus de marques, que ce soit des jeunes pousses de la sphère de la “mode éco-responsable” ou des grandes marques comme G-Star ou Levi’s, se tournent vers des fournisseurs (Aquafil, Seaqual ou Bionic Yarn) pour pouvoir s’approvisionner en matière plastique recyclée. Si la démarche permet en effet d’éviter d’utiliser du plastique vierge, certaines marques textile en profitent pour alimenter les envies de (sur)consommation de nouveaux clients à la fibre écologique, en leur donnant bonne conscience pour avoir contribué à la “dépollution des océans”. Mais la pollution plastique est d’une telle ampleur que ces actions dépolluantes ne représentent qu’une goutte dans un vaste océan, et ne permettent pas de lutter réellement contre le fléau du plastique.

Agissons plutôt à la source, en diminuant notre consommation de plastique, en refusant le plastique à usage unique, en favorisant d’autres matériaux et en consommant moins!

 

TABLEAU RÉCAPITULATIF

Marques textiles qui utilisent du plastique recyclé venant des littoraux ou océans
Partenariats avec pêcheurs Partenariat avec ONG (Parley) Econyl Seaqual Bionic Yarn
Ecoalf X X
Hopaal X X
Apnée Swimwear X
Adidas X X
Sweet Mellow X
CocoFrio X
Luz Collection X
ReSet Priority X
H&M Conscious X
G-star X
Oneill X

Travail de recherche et rédaction par Laura Gauvrit

Une réflexion sur “Ces marques textile qui utilisent du plastique des océans: explications

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